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Stratégie 13 min de lecture

Cahier des charges site internet pas à pas

Cahier des charges site internet : les rubriques à inclure, les erreurs à éviter et des exemples concrets pour obtenir des devis précis de votre prestataire.

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Un cahier des charges pour un site internet est le document qui décrit ce que vous attendez de votre futur site, depuis vos objectifs commerciaux jusqu’aux contraintes techniques. Il sert de base pour obtenir des devis comparables, éviter les malentendus en cours de projet et garder la main sur le budget et le calendrier. Voici les rubriques à y mettre, les formulations qui font la différence entre un document utile et un document que personne ne lira, et les erreurs que la majorité des porteurs de projet découvrent trop tard.

Qu’est-ce qu’un cahier des charges pour un site internet ?

Le cahier des charges est le document que vous remettez aux prestataires pour leur expliquer ce que vous voulez obtenir. On l’appelle aussi “brief” dans certains métiers, mais le principe est le même : poser sur papier tout ce qui compte avant que quelqu’un ne commence à coder ou à dessiner.

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Ce n’est pas un document technique réservé aux informaticiens. C’est avant tout un document de cadrage business qui explique pourquoi vous créez ou refaites un site, pour qui, avec quelles fonctions, dans quel budget et dans quel délai. Un bon cahier des charges tient en une dizaine de pages maximum et reste compréhensible par quelqu’un qui ne sait pas coder. Si vous devez embaucher un consultant rien que pour le rédiger, c’est probablement que le document est trop compliqué pour son propre bien.

Dans la pratique, le cahier des charges remplit trois rôles en même temps. C’est d’abord un outil de réflexion, parce que le simple fait de l’écrire vous oblige à clarifier vos priorités et à séparer ce qui est indispensable de ce qui serait “bien à avoir un jour”. C’est ensuite un outil de communication entre vous et les professionnels qui répondront : plus votre document est précis, plus les devis seront comparables entre eux et proches de la réalité. C’est enfin un outil de protection, parce qu’une fois le projet lancé, le cahier des charges sert de référence pour vérifier que ce qui est livré correspond bien à ce qui a été demandé.

Pourquoi rédiger un cahier des charges avant de contacter un prestataire ?

La première raison est financière : sans cahier des charges, vous recevrez des devis qui comparent des pommes et des poires, et vous n’aurez aucun moyen de savoir lequel est le plus juste.

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Un prestataire qui imagine un site de cinq pages avec une maquette sur mesure ne chiffrera pas la même chose que celui qui part d’un thème prêt à l’emploi avec quinze pages. Si chacun interprète votre besoin à sa manière, les écarts de prix seront énormes, parfois du simple au quintuple, et vous n’aurez aucun critère objectif pour départager les propositions. Le cahier des charges fixe un périmètre clair pour que tout le monde chiffre la même chose, ce qui rend les devis comparables et les discussions beaucoup plus productives.

La deuxième raison est le contrôle du calendrier et du périmètre. Sans document de référence, les demandes changent en cours de route : on ajoute une boutique en ligne, puis un espace membre, puis un blog, et chaque ajout rallonge la durée du projet et alourdit la facture. On appelle ça la dérive de périmètre, et c’est la cause numéro un de dépassement de budget dans les projets web. Le cahier des charges ne vous interdit pas de modifier vos plans, mais il rend chaque changement visible et discutable au lieu de le laisser s’infiltrer en silence.

La troisième raison, plus subtile, est juridique. Si le prestataire livre quelque chose de très différent de ce qui est décrit dans le document, vous avez un point de référence contractuel pour demander des corrections ou faire jouer les clauses de garantie. Sans cahier des charges formalisé, c’est parole contre parole, et les discussions tournent vite au dialogue de sourds quand les souvenirs divergent sur ce qui avait été “convenu oralement”.

Quelles rubriques inclure dans votre cahier des charges ?

Chaque cahier des charges est différent selon le projet, mais certaines rubriques reviennent systématiquement dans les bons documents, ceux qui permettent aux prestataires de répondre vite et juste.

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Présentation de votre entreprise et de son contexte. Qui êtes-vous, que vendez-vous, à qui, sur quel marché, et pourquoi vous avez besoin d’un site (ou d’un nouveau site). Cette rubrique semble évidente, mais elle est souvent bâclée. Un prestataire qui ne comprend pas votre métier ne pourra pas vous proposer une structure de site pertinente. Précisez votre zone géographique, vos concurrents principaux et la taille de votre équipe si elle intervient dans le projet.

L’état des lieux. Si vous avez déjà un site, décrivez ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas : combien de visiteurs par mois, quelles pages sont les plus consultées, quels problèmes vos clients vous remontent. Si vous partez de zéro, dites-le aussi. Un prestataire ne prépare pas le même travail pour une création et pour une refonte.

Vos objectifs concrets. La rubrique la plus importante, celle que nous détaillons dans la section suivante. C’est elle qui oriente toutes les décisions du prestataire.

La cible. Qui sont les visiteurs que vous voulez attirer ? Des particuliers, des entreprises, des partenaires ? Quel âge, quel niveau technique, quel appareil utilisent-ils le plus ? Un site destiné à des artisans qui le consulteront sur leur téléphone entre deux chantiers ne se conçoit pas du tout comme un site destiné à des directeurs financiers derrière leur écran de bureau.

L’arborescence et les contenus attendus. La liste des pages que vous imaginez, avec pour chacune une phrase qui résume son rôle : page d’accueil, page de services ou de produits, page de contact, blog, formulaire de devis. Si vous avez déjà des textes ou des photos, mentionnez-le. La production de contenu représente souvent un poste de coût que les porteurs de projet oublient de budgétiser, et c’est un piège classique qui gonfle la facture à mi-parcours.

Les fonctionnalités. Formulaire de contact, prise de rendez-vous en ligne, panier d’achat, espace client, galerie photo, carte interactive, intégration avec un logiciel métier. Séparez ce qui est indispensable pour le lancement de ce qui pourra venir ensuite, dans une deuxième version.

La charte graphique. Si vous avez un logo, des couleurs et une typographie définis, joignez les fichiers. Si vous n’avez rien, montrez deux ou trois sites qui vous plaisent visuellement et deux ou trois qui ne vous plaisent pas, en expliquant pourquoi dans chaque cas. C’est souvent plus parlant qu’un long paragraphe de description.

Les contraintes techniques. Le nom de domaine que vous possédez déjà (ou pas), l’hébergement actuel, les exigences de sécurité, la conformité RGPD (et nLPD en Suisse), les éventuelles intégrations avec d’autres outils comme un CRM, un logiciel de comptabilité ou une plateforme d’envoi d’e-mails.

Le budget et le calendrier. Indiquer une fourchette de budget, même large, permet au prestataire de calibrer sa proposition. Pour le calendrier, mentionnez une date de mise en ligne souhaitée et les éventuels jalons intermédiaires.

Comment formuler des objectifs mesurables ?

“Avoir un site moderne” n’est pas un objectif, c’est un souhait que chaque prestataire interprétera à sa manière et que vous ne pourrez jamais considérer comme atteint ou non atteint puisqu’il n’y a pas de critère de mesure.

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Un bon objectif pour un cahier des charges décrit un résultat concret que vous pourrez vérifier après la mise en ligne. Par exemple, “augmenter les demandes de devis via le site de 5 par mois à 15 par mois dans les six mois suivant le lancement” est un objectif mesurable. “Avoir un site professionnel” ne l’est pas, parce que dix personnes donneront dix définitions différentes de ce que “professionnel” signifie.

Pour d’autres cas courants, la logique est la même. Au lieu d’écrire “le site doit être rapide”, écrivez “le temps de chargement de la page d’accueil ne doit pas dépasser 2,5 secondes sur mobile en 4G”. Au lieu de “le site doit bien se positionner sur Google”, écrivez “la page Services doit apparaître dans les 10 premiers résultats pour la recherche ‘votre-mot-clé + votre-ville’ dans les trois mois suivant la mise en ligne”. Au lieu de “le site doit être adapté aux téléphones”, écrivez “le site doit obtenir un score de performance mobile supérieur à 80 sur l’outil PageSpeed Insights de Google”.

Ces formulations permettent au prestataire de savoir exactement ce que vous attendez et de vous dire honnêtement si c’est réaliste dans votre budget. Elles permettent aussi, à la livraison, de vérifier objectivement si le travail correspond à la commande. Un score PageSpeed de 45 au lieu de 80 est un écart mesurable, pas une question d’interprétation.

Fixez des objectifs sur plusieurs horizons si possible : ce que vous attendez au lancement, ce que vous visez à trois mois, et ce que vous espérez à un an. Cette projection aide le prestataire à anticiper les évolutions du site et à concevoir une structure qui les supportera sans tout reconstruire au premier virage.

Faut-il adapter le cahier des charges au type de site ?

Oui, parce que les enjeux, les rubriques et le niveau de détail changent selon ce que vous construisez, même si le squelette général reste le même.

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Pour un site vitrine classique de 5 à 15 pages, sans vente en ligne, le cahier des charges reste relativement court. Les rubriques décrites plus haut suffisent. Les points de vigilance sont le contenu (textes et photos de qualité), la vitesse de chargement et la visibilité sur les moteurs de recherche. Le budget pour un site vitrine sur mesure va généralement de 3 000 à 8 000 francs chez un professionnel indépendant, et de 8 000 à 20 000 francs en agence, selon le niveau de personnalisation et le nombre de pages. Pour une vision complète des tarifs, consultez notre article sur le coût d’un site internet.

Pour un site e-commerce, le cahier des charges doit être plus détaillé. Il faut décrire le catalogue produits (combien de références, variantes de taille ou de couleur, fourchette de prix, gestion des stocks), les moyens de paiement acceptés (carte bancaire, Twint en Suisse, PayPal), les modes de livraison, les règles de retour, le système de facturation, et les obligations légales spécifiques comme les conditions générales de vente et le droit de rétractation. Un e-commerce oublie souvent la logistique et la comptabilité dans son cahier des charges, ce qui provoque des surprises au moment de la mise en production quand personne n’a prévu l’interface avec le logiciel de gestion des stocks.

Pour un site avec un espace membre ou une application métier (tableau de bord, plateforme SaaS, outil interne), le cahier des charges devient un vrai document de description fonctionnelle. Il faut décrire les rôles utilisateurs, les parcours pour chaque profil, les règles de gestion des données, la sécurité des accès et les performances attendues sous charge. Pour ce type de projet, faire relire votre premier jet par un professionnel technique avant de l’envoyer aux prestataires permet d’identifier les oublis qui coûteraient cher à corriger en cours de route.

Quelles erreurs reviennent le plus dans les cahiers des charges ?

La première et la plus fréquente est de rester flou sur les objectifs, pour toutes les raisons que nous venons de détailler.

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La deuxième erreur est de vouloir tout inclure dans la première version. Votre site n’a pas besoin de lancer avec un blog, un espace membre, une boutique, un chatbot, un système de réservation et une application mobile en même temps. Lister toutes vos idées dans le cahier des charges est une bonne pratique, mais il faut absolument les classer par priorité. Séparez clairement la version 1 (le minimum qui doit fonctionner au lancement) de la version 2 (les améliorations prévues pour les mois suivants). Cette distinction permet au prestataire de vous proposer un prix réaliste pour un premier livrable qui fonctionne, au lieu d’un devis trop ambitieux qui ne sera jamais livré dans les temps.

La troisième erreur est d’oublier la maintenance et l’après-lancement. Votre site aura besoin de mises à jour régulières, de sauvegardes et de corrections. Si vous ne prévoyez pas cette partie dans le cahier des charges, vous découvrirez après la mise en ligne que votre prestataire n’a rien inclus, et que chaque intervention est facturée à l’heure sans engagement de délai. Un bon cahier des charges précise qui s’occupe de la maintenance après le lancement, à quel rythme, et pour quel budget annuel.

La quatrième erreur est de refuser d’indiquer un budget, même approximatif. Beaucoup de porteurs de projet craignent d’être surfacturés s’ils donnent leur enveloppe. En réalité, ne pas donner de budget produit l’effet inverse : le prestataire ne sait pas si vous attendez un site à 2 000 francs ou à 50 000 francs, et il va soit viser trop haut, soit sous-estimer volontairement pour décrocher le contrat et réduire la qualité en cours de route. Une fourchette honnête (par exemple “entre 5 000 et 10 000 francs”) suffit pour cadrer la conversation.

La cinquième erreur est de confondre le cahier des charges avec un document technique. Si votre cahier parle de “PHP 8.3”, de “base de données PostgreSQL” ou de “API REST”, vous êtes probablement en train de dicter des choix techniques au prestataire au lieu de décrire vos besoins. Le rôle du cahier des charges est de dire ce que vous voulez obtenir, pas comment le construire. Le “comment” est la responsabilité du professionnel que vous payez pour son expertise, et si vous imposez des choix techniques sans les comprendre, vous risquez de vous retrouver avec un site moins performant que ce que le prestataire aurait proposé de lui-même.

Comment comparer les devis reçus après l’envoi du cahier des charges ?

Quand votre cahier des charges est bien structuré, les devis que vous recevez deviennent réellement comparables, et c’est précisément à ça que sert tout le travail de rédaction en amont.

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Envoyez votre document à trois ou quatre prestataires, pas plus. Au-delà, vous perdrez du temps à gérer les échanges et les relances, et les professionnels sérieux n’aiment pas participer à des consultations trop larges parce qu’ils savent que leurs chances de décrocher le projet sont trop faibles pour justifier l’investissement dans le devis.

Pour chaque devis reçu, vérifiez qu’il couvre bien toutes les rubriques de votre cahier des charges. Si un prestataire ne mentionne pas la maintenance, les mises à jour de sécurité ou la formation à l’outil de gestion du site, c’est soit qu’il les facturera en supplément après coup, soit qu’il n’y a pas pensé. Dans les deux cas, c’est un signal qui mérite une question.

Comparez les postes un par un : combien pour le design, combien pour le développement des fonctionnalités, combien pour l’intégration des contenus, combien pour l’hébergement la première année, combien pour la maintenance. Si un devis affiche un montant global sans détail, demandez la ventilation. Un prestataire qui refuse de détailler ce que vous payez vous enlève la capacité de comprendre sa proposition et de la comparer avec les autres.

Regardez aussi ce qui est explicitement exclu du devis. Les prestataires sérieux listent ce qui n’est pas inclus : rédaction des textes, prise de photos, nom de domaine, référencement naturel avancé. Cette transparence est un bon signe. Un devis qui promet tout pour un prix anormalement bas cache presque toujours des compromis que vous découvrirez à mi-parcours.

N’oubliez pas que le prix ne fait pas tout. Demandez à voir des réalisations récentes du prestataire, parlez avec un ou deux de ses clients si possible, et évaluez la qualité de la communication pendant la phase de devis. Un prestataire qui met trois semaines à répondre avant même d’avoir le projet ne sera probablement pas plus réactif une fois le contrat signé. Si vous souhaitez discuter de votre projet ou recevoir un retour sur votre cahier des charges, vous pouvez demander un devis directement.

Questions fréquentes

Un bon cahier des charges tient en 5 à 15 pages selon la complexité du projet. Un site vitrine simple se décrit en 5 à 8 pages, un e-commerce ou une application métier en 10 à 15 pages. Au-delà, le document risque d'être trop détaillé pour être lu en entier par les prestataires qui y répondent.

Pour un site vitrine ou un petit e-commerce, vous pouvez le rédiger vous-même en suivant les rubriques décrites dans cet article. Pour un projet plus complexe avec des intégrations métier ou plusieurs rôles utilisateurs, un consultant indépendant facture entre 800 et 2 500 francs pour vous accompagner dans la rédaction.

Oui, mais chaque modification doit être formalisée par un avenant au contrat et peut entraîner un surcoût et un décalage de calendrier. C'est normal et sain, à condition que les deux parties s'accordent avant que le prestataire ne commence le travail supplémentaire.

Comptez entre une et trois semaines pour un projet de site vitrine, et jusqu'à six semaines pour un projet complexe. Le temps se passe principalement à clarifier vos objectifs et à rassembler les contenus existants, pas à rédiger le document lui-même.

Oui, au moins une fourchette. Ne pas communiquer de budget produit des devis impossibles à comparer, parce que chaque prestataire imagine un périmètre différent. Une fourchette réaliste permet au professionnel de calibrer sa proposition et de vous dire honnêtement ce qui est faisable dans votre enveloppe.

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Nicolas Lecocq

Écrit par

Nicolas Lecocq

Développeur-entrepreneur entre la France et la Suisse, je conçois et développe des SaaS, des plateformes e-commerce et des applications métier sur-mesure.

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